Catastrophe naturelle en Aveyron : Roquefort-sur-Soulzon, Saint-Beauzély et Saint-Izaire reconnues pour mouvements de terrain
Mise à jour 23/07/2026
L’arrêté du 10 juillet 2026 (NOR : INTE2618641A), paru au Journal officiel n° 0165 du 17 juillet 2026, reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour trois communes du sud de l’Aveyron : Roquefort-sur-Soulzon, Saint-Beauzély et Saint-Izaire. Le phénomène retenu est le mouvement de terrain hors sécheresse géotechnique. L’épisode reconnu n’a donc aucun lien avec les mouvements de sols argileux comme c’est le cas après une sécheresse exceptionnelle.
Ces reconnaissances font suite à l’hiver 2026, particulièrement arrosé dans le département. Mi-février, le passage de la tempête Nils a placé l’Aveyron en vigilance orange crues : glissements de terrain, éboulis et affaissements de chaussée ont multiplié les fermetures de routes départementales, notamment dans le Sud-Aveyron. À Roquefort-sur-Soulzon, la sensibilité du site n’est pas nouvelle : le village est bâti au pied des éboulis du Combalou, un versant calcaire façonné par des effondrements successifs. Des maisons ont été endommagées à la suite de cet évènement climatique.
👉 Devis pour une expertise bâtiment

Zoom sur l’arrêté du 10 juillet 2026 dans le département 12
| Commune | Période reconnue |
|---|---|
| Roquefort-sur-Soulzon | 1er janvier - 15 février 2026 |
| Saint-Beauzély | 29 janvier - 20 février 2026 |
| Saint-Izaire | 12 - 16 février 2026 |
Les motivations diffèrent. Pour Roquefort-sur-Soulzon, l’État retient une intensité anormale liée au volume de matériaux mobilisés. Pour Saint-Beauzély et Saint-Izaire, c’est le cumul de pluies, avec une période de retour supérieure à 10 ans, qui a déclenché le mouvement.
Le sol s’est gorgé d’eau jusqu’à perdre sa cohésion, puis a glissé, s’est tassé ou s’est affaissé sous les constructions.
Quelles conséquences pour votre maison ?
Un mouvement de terrain agit sur le terrain d’assise de la maison, donc sur ses fondations. Les signes à surveiller :
-
fissures en escalier dans les murs porteurs, souvent obliques ;
-
portes et fenêtres qui coincent, seuils qui se décalent ;
-
dallages désolidarisés, carrelage qui se soulève ;
-
murs de soutènement, terrasses ou clôtures qui basculent ;
-
réseaux enterrés cisaillés (évacuations, canalisations).
Contrairement à la sécheresse, ces désordres peuvent apparaître très vite, parfois en quelques jours. Mais ils peuvent aussi continuer d’évoluer plusieurs mois après l’épisode pluvieux.
Déclaration : le vrai enjeu n’est pas la date, c’est la preuve du lien
Vous avez jusqu’au lundi 17 août 2026 pour déclarer (30 jours après la publication au JO). Une déclaration tardive reste possible, mais elle devra être justifiée.
Le point souvent sous-estimé : sur un mouvement de terrain, l’assureur ne conteste pas la date, il conteste généralement le lien entre le phénomène et vos désordres. Un affaissement peut être attribué à un défaut de fondation, à un terrassement voisin ou à des fissures « préexistantes ». C’est là que se joue l’indemnisation.
Ce qui pèse dans un dossier :
-
des photos datées des désordres, avant/après si vous en avez ;
-
un relevé de l’évolution (fissuromètre, témoins plâtre, mesures régulières) ;
-
les constats du Département ou de la mairie sur les mouvements observés à proximité ;
-
l’historique de la parcelle (talus, remblai, source, terrassement récent).
La franchise légale est de 380 € pour une habitation (hors sécheresse). Face à l’expert mandaté par la compagnie, un expert d’assurés indépendant défend votre lecture technique du sinistre, exige les investigations utiles (sondages, étude géotechnique G5 par exemple) et discute le chiffrage des réparations, pas seulement leur principe.
Et si votre commune n’est pas reconnue ? Le cas de Taussac
L’annexe 2 du même arrêté rejette la demande de Taussac pour la sécheresse 2024 (retrait-gonflement des argiles), au motif que le critère météorologique n’est pas satisfait.
Ce refus ne dit rien de la réalité de vos fissures. Il dit seulement que l’indice d’humidité des sols de la commune n’a pas atteint le seuil réglementaire. Trois voies restent ouvertes : demander à la mairie de déposer une nouvelle demande sur une autre période, engager un recours (gracieux, puis contentieux dans les deux mois), ou faire qualifier l’origine réelle du désordre. Un défaut de conception, un vice caché ou un sinistre relevant de la décennale n’a pas besoin d’un arrêté de catastrophe naturelle pour être indemnisé.
On vous répond
Par qui se faire accompagner après une catastrophe naturelle en Aveyron comme expert d’assurés ?
Le référent Koudepouce / Fissuration dans l’Aveyron est Thierry Sanchez. C’est une des rares experts disponibles dans ce département pour assister technique les sinistrés. Pour le contacter, remplir préférentiellement le formulaire de contact, ci-après.
Mon voisin est indemnisé, pas moi : est-ce normal ?
Oui, si vous n’êtes pas dans la même commune ou dans la même période reconnue. La reconnaissance CatNat s’applique commune par commune et date par date. Vérifiez d’abord que votre sinistre se situe bien dans la fenêtre retenue pour Roquefort-sur-Soulzon, Saint-Beauzély ou Saint-Izaire.
Mes fissures sont apparues en mai : puis-je encore déclarer ?
Possible, mais il faudra démontrer que le mouvement de terrain de l’hiver en est la cause. Les désordres différés existent : un sol déstabilisé continue de travailler. Une expertise technique est alors déterminante.
Faut-il réparer avant l’expertise ?
Non, sauf mise en sécurité urgente. Conservez l’état des lieux, photographiez, et gardez toutes les factures des mesures conservatoires : elles sont indemnisables.